« Altérités en dialogues » : quand l’art devient un espace de rencontre
Et si l’art pouvait nous réapprendre à être ensemble ? C’est le pari sensible et profondément humain du projet de résidence « Altérités en dialogues », porté par trois artistes engagées : Anaïs de Lattre-David, Mariame Damba et Rayra Maciel, avec le soutien de l’association IABÁ.
À la croisée de la danse, de la musique, de l’écriture et de la performance, cette recherche artistique propose bien plus qu’une création : un véritable laboratoire du lien, où les corps, les voix et les histoires deviennent matière à dialogue.
Repenser l’altérité comme une force
Dans un monde marqué par l’individualisme et la fragmentation des relations, « Altérités en dialogues » pose une question essentielle : comment réapprendre à vivre ensemble ?
Le projet s’appuie sur une conviction forte : nos corps sont des archives vivantes. Ils portent des mémoires, des héritages, des récits. En les mettant en mouvement, en les faisant dialoguer, il devient possible de recréer du lien, de transformer la peur de l’autre en ressource, et de faire émerger un « commun » sensible et partagé.
Une recherche artistique incarnée
La résidence se construit comme un espace d’expérimentation où se croisent pratiques corporelles, écriture poétique, voix et création sonore. Improvisation, écoute et co-présence sont au cœur du processus.
Les artistes explorent un langage polyphonique mêlant :
- texte et mouvement
- voix et musicalité
- gestes et mémoire
Cette approche hybride permet de faire émerger des formes vivantes, où chaque participant devient acteur du processus de création.
Une histoire intime, profondément politique
À l’origine du projet, une rencontre : deux femmes réunies lors d’un enterrement, que tout oppose sauf l’amour pour une personne disparue. De ce moment fragile naît un dialogue, qui devient peu à peu un acte de résistance.
Car ici, l’intime est politique. Le corps devient un espace de lutte contre la déshumanisation, un lieu où se réinventent la liberté, la présence et la relation à l’autre.
Une équipe artistique aux influences croisées
Les trois artistes réunissent des parcours riches et complémentaires :
- Anaïs de Lattre-David, chorégraphe et performeuse, explore les liens entre danses traditionnelles brésiliennes et écriture contemporaine.
- Mariame Damba, artiste et chercheuse, travaille sur les mémoires corporelles afro-diasporiques et les enjeux politiques du corps.
- Rayra Maciel, percussionniste brésilienne, développe une approche sensible du rythme comme langage du mouvement.
Ensemble, elles créent un espace où cultures, disciplines et expériences dialoguent en profondeur.
Une démarche artistique engagée
Le projet s’articule autour de plusieurs axes forts :
- Le corps comme lieu d’humanisation
- La puissance du collectif comme espace de résistance
- La célébration des différences
- La place des femmes dans les processus de création
- La reconquête d’une liberté intérieure
Guidée par une éthique du soin (écoute, consentement, respect des rythmes), la résidence cherche à créer un cadre sécurisant et fertile pour l’expérimentation.
Des ateliers pour expérimenter
Deux temps de médiation viennent enrichir cette recherche :
- Un atelier de danses sacrées et populaires brésiliennes, pour explorer le collectif à travers le rythme et le mouvement
- Un atelier d’écriture poétique, pour transformer l’expérience vécue en matière sensible
Ouverts à différents publics, ces ateliers prolongent la réflexion et invitent chacun à devenir partie prenante du processus.
Un projet nécessaire
« Altérités en dialogues » n’est pas un simple projet artistique. C’est une tentative concrète de recréer du lien, de redonner une place au sensible et au collectif dans nos vies.
Un travail exigeant, profondément ancré dans le réel, qui rappelle une chose essentielle : la rencontre avec l’autre reste, aujourd’hui plus que jamais, un acte de résistance.

